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Sumo

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Sumo
 
 
Historique et principes
Discipline issue de la lutte pratiquée jadis en Chine, en Corée et en Mongolie, le sumo s’est développé au Japon il y a 1500 ans. Il fut au début un rituel de la religion “shinto” (les combats servaient à apaiser les dieux) puis fit ses premières apparitions devant la cour impériale au XIVe siècle.
Au XVIe siècle, le sumo se transforme en une discipline sportive avec des lutteurs professionnels.
 
Aujourd’hui on compte 900 lutteurs (sumotoris) dont 72 de grandes stars (sekitoris), des véritables dieux dans leur pays. Les lutteurs pèsent généralement entre 130 et 200 kg et mesurent souvent plus de 1m 90. On attribue plusieurs grades dont le titre suprême “yokozuna” (grand champion) attribué au plus grand lutteur.
Un lutteur sur 350 obtient ce titre (seulement 65 sumotoris ont été honorés de ce grade). Pour cela, le lutteur doit impérativement remporter deux ou trois des six grands Tournois annuels “Kyushu Basho” (soit 15 combats par tournoi !) Ayant lieu à Tokyo (en janvier, mai et septembre), Fukuoaka (en novembre), Osaka (en mars) et Nagoya (en juillet). Là, il rencontre une moyenne de 90 adversaires.
Chaque tournoi qui dure 15 jours comporte 5 tours. Les lutteurs affrontent l’adversaire par tirage au sort et non par catégorie de poids (non-existant). Le vainqueur est celui qui aura obtenu le meilleur pourcentage de victoires. Il recevra la Coupe de l’Empereur.
La rapidité du mouvement, la souplesse et ses aptitudes sont importantes. Il existe 70 techniques différentes dans un combat (48 à l'origine). Les lutteurs, torse nu et pieds nus, sont habillés d’une sorte de tablier (mae-tate-mitsu) recouvrant les reins et tenu par une large ceinture en soie (mawashi). Ils sont coiffés d’un chignon très ancien (o-icho-mage ou chon-mage selon le niveau du lutteur).
Avant le début du combat, ils effectuent une série de mouvements symboliques (rituel). Ils tapent dans leurs mains, lèvent leurs bras, font un grand écart, jettent du sel, s’accroupissent et se mettent face à face pour se saluer et s’engager à faire un combat honorable. Pendant le combat, on ne peut pas viser l’estomac, les yeux ou tirer les cheveux. Le premier qui touche le sol par n’importe quelle partie du corps a perdu. Par ailleurs, ils n’ont pas le droit de franchir le cercle dans lequel ils combattent. Il n’y a pas de limite de temps pour un combat. La plupart des combats durent moins de 30 secondes.
Le sumo compte six grades indépendants des poids du sumotori. Pour accéder à un grade, il doit remporter des victoires. En cas d'une série de défaites, il est rétrogradé.
 
Les six grades ou ‘banzuke’ (chacun compte un nombre fixe de lutteurs) les plus importants en ordre croissant sont :
-         maku-uchi : l’élite comptant 40 lutteurs répartie en yokozuna, ozeki, sekiwake, komusbi et maegashira.
-         maegashira : champion (26 à 32 lutteurs)
-         komusubi : grand champion aspirant (2 à 4 lutteurs)
-         sekiwake : grand champion adjoint (2 à 4 lutteurs)
-         ozeki : grand champion (2 à 4 lutteurs)
-         titre suprême, yokozuna, le champion suprême (0 à 4 lutteurs)
Un yokuzuna garde son titre pour la vie. Il se retire lui-même quand ses performances sont devenues insuffisantes. On compte une centaine depuis le 17e siècle !
 
Lexique
Dohyo : l’aire ou ring de combat qui est surélevé et carré d’environ 4,55 m de diamètre. Au-dessous pendent 4 houppes de couleurs différentes et symboliques : blanche pour le printemps, rouge pour l’été, bleue pour l’automne et noire pour l’hiver. Le sol est couvert de sable.
Shikiri-naoshi : avant le combat, les 2 lutteurs jettent du sel au centre du cercle afin de chasser les mauvais esprits (rituel de purification d’env. 4 minutes).
Sonkyo : le salut à l’adversaire avant le début du combat.
Chiri : la promesse aux dieux de faire un combat honorable et loyal.
Atari : le premier assaut du combat qui suit l’instant de concentration (les 2 lutteurs s’accroupissent sur la pointe des pieds avec leurs poings contre terre et en s’observant longuement afin de déstabiliser l’adversaire).
Gyoji : arbitre qui dirige le combat. Il porte un kimono en soie avec un chapeau spécial. Il y a 5 autres juges qui supervisent.
Heya : centre d’entraînement pour former un sumotori. L’entraînement débute souvent à l’âge de 14 ans.
Kimarite : l’ensemble des 48 techniques.
Tsupparis : la technique d’attaque de base.
Chanko nabe : pot-au-feu quotidien du lutteur riche en protéines qui lui apporte 10000 calories par jour.
Mawashi : pagne de soie mesurant que le sumotori agrippe lors d'un combat.
Rikishi : lutteur.
O-icho-mage : coiffure ou chignon en forme d’arbre.
Yori-kiri : l’une des techniques de base. Le lutteur saisit la ceinture de son adversaire pour le faire sortir du cercle.
Rikishi : participant à un grand tournoi.
Teppô : haut pilier de bois que les sumotoris tappent avec le plat de leurs mains.
Gi : maîtrise technique
Tai : puissance technique
Shin : énergie spirituelle
 
Dicostars
Depuis sa création, seulement 72 sumotori (4 en activité) sont devenus “grand champion” ou “yokozuna”. Le plus célèbre sumotori fut Tanikaze (1750-1795), invaincu en 66 combats consécutifs. Sadaji Futabayama avec 69 victoires de suite dans les années 1930/40.
Les plus grandes stars des années 1990/2000 sont :
Takanohana (12-2-72) JAP. Issu d’une famille de lutteurs, on lui a attribué le titre suprême de “yokozuna” en 1994 à l’âge de 22 ans seulement. En 1996, il a remporté quatre grands tournois de suite. Egalement 22 fois victorieux de la prestigieuse Coupe de l’Empereur (plus jeune vainqueur en 1997). Il était le 65e yokozuna de l'histoire. Son vrai nom : Koji Hanada. Il s’est retiré de la compétition en janvier 2003.
 
Wakanohana (20-1-71) JAP. Frère de Takanohana, aussi talentueux que lui ,sacré “grand champion” en 1998 (le 66e). Il a pris sa retraite en 2000.
 
Akebono (8-5-69). Originaire d’Hawaï et naturalisé japonais en 1996, Chad Rowan est devenu le premier yokozuna non-japonais en 1993. C’est le lutteur le plus grand (2m04 m) et l’un des plus lourds (212 kg) de l’histoire du sumo. Vénéré comme un véritable “dieu” au Japon (11 Coupes de l’Empereur gagnées, 11 victoires dans les grands tournois). En 1995, il remporta le tournoi de Paris-Bercy.
 
Les 72 grands champions (Yokozuna)

Le Japon a enfin "son" yokozuna, ou grand champion de sumo, avec l'accession le 24 janvier 2017 du trentenaire japonais Kisenosato au plus haut rang de ce très ancien sport dominé depuis de longues années par des étrangers.

Son premier triomphe pour la Coupe de l'Empereur ce week-end a suffi à en faire le premier Japonais à atteindre ce sommet depuis Wakanohana en 1998. Il lui aura néanmoins fallu 73 tournois pour y parvenir, plus que quiconque depuis 1926.

"J'accepte en toute humilité", a déclaré à la presse Kinesato, 178 kg, au cours d'une cérémonie solennelle à l'issue de son acceptation par l'Association japonaise de sumo (JSA).

Il était privé de yokozuna japonais depuis le départ à la retraite en 2003 du frère de Wakanohana, Takanohana, qui avait été sacré en 1994, les lutteurs de souche n'ayant pu vaincre un flot de lutteurs étrangers, principalement mongols ces dernières années, dont le célèbre Asashoryu.

Les yokozuna sont à présent au nombre de quatre, dont trois Mongols.

 


 


 


Ville d’origine


Année de yokozuna


Retraite


1


Akashi Shiganosuke


Utsunomiya


----


---


2


Ayagawa Gorōji


Tochigi


----


---


3


Maruyama Gondazaemon


Miyagi


1749


1749


4


Tanikaze Kajinosuke


Miyagi


1789


1795


5


Onogawa Kisaburō


Shiga


1789


1797


6


Ōnomatsu Midorinosuke


Ishikawa


1828


1835


7


Inazuma Raigorō


Ibaraki


1830


1839


8


Shiranui Dakuemon


Kumamoto


1840


1844


9


Hidenoyama Raigorō


Miyagi


1847


1850


10


Unryū Kyūkichi


Fukuoka


1861


1865


11


Shiranui Kōemon


Kumamoto


1863


1869


12


Jinmaku Kyūgorō


Shimane


1867


1867


13


Kimenzan Tanigorō


Gifu


1869


1870


14


Sakaigawa Namiemon


Chiba


1877


1881


15


Umegatani Tōtarō I


Fukuoka


1884


1885


16


Nishinoumi Kajirō I


Kagoshima


1890


1896


17


Konishiki Yasokichi I


Chiba


1896


1901


18


Ōzutsu Man'emon


Miyagi


1901


1908


19


Hitachiyama Taniemon


Ibaraki


1903


1914


20


Umegatani Tōtarō II


Toyama


1903


1915


21


Wakashima Gonshirō


Chiba


1905


1907


22


Tachiyama Mineemon


Toyama


1911


1918


23


Ōkido Moriemon


Hyōgo


1912


1914


24


Ōtori Tanigorō


Chiba


1915


1920


25


Nishinoumi Kajirō II


Kagoshima


1916


1918


26


Ōnishiki Uichirō


Osaka


1917


1923


27


Tochigiyama Moriya


Tochigi


1918


1925


28


Ōnishiki Daigorō


Aichi


1918


1922


29


Miyagiyama Fukumatsu


Iwate


1922


1931


30


Nishinoumi Kajirō III


Kagoshima


1923


1928


31


Tsunenohana Kan'ichi


Okayama


1924


1930


32


Tamanishiki San'emon


Kochi


1932


1938


33


Musashiyama Takeshi


Kanagawa


1935


1939


34


Minanogawa Tōzō


Ibaraki


1936


1942


35


Futabayama Sadaji


Ōita


1937


1945


36


Haguroyama Masaji


Niigata


1941


1953


37


Akinoumi Setsuo


Hiroshima


1942


1946


38


Terukuni Manzō


Akita


1942


1953


39


Maedayama Eigorō


Ehime


1947


1949


40


Azumafuji Kin'ichi


Tokyo


1948


1954


41


Chiyonoyama Masanobu


Hokkaidō


1951


1959


42


Kagamisato Kiyoji


Aomori


1953


1958


43


Yoshibayama Junnosuke


Hokkaidō


1954


1958


44


Tochinishiki Kiyotaka


Tokyo


1954


1960


45


Wakanohana Kanji I


Aomori


1958


1962


46


Asashio Tarō III


Hyōgo


1959


1962


47


Kashiwado Tsuyoshi


Yamagata


1961


1969


48


Taihō Kōki


Hokkaidō


1961


1971


49


Tochinoumi Teruyoshi


Aomori


1964


1966


50


Sadanoyama Shinmatsu


Nagasaki


1965


1968


51


Tamanoumi Masahiro


Aichi


1970


1971


52


Kitanofuji Katsuaki


Hokkaidō


1970


1974


53


Kotozakura Masakatsu


Tottori


1973


1974


54


Wajima Hiroshi


Ishikawa


1973


1981


55


Kitanoumi Toshimitsu


Hokkaidō


1974


1985


56


Wakanohana Kanji II


Aomori


1978


1983


57


Mienoumi Tsuyoshi


Mie


1979


1980


58


Chiyonofuji Mitsugu


Hokkaidō


1981


1991


59


Takanosato Toshihide


Aomori


1983


1986


60


Futahaguro Kōji


Mie


1986


1988


61


Hokutoumi Nobuyoshi


Hokkaidō


1987


1992


62


Ōnokuni Yasushi


Hokkaidō


1987


1991


63


Asahifuji Seiya


Aomori


1990


1992


64


Akebono Tarō


Hawaii, USA


1993


2001


65


Takanohana Kōji


Tokyo


1994


2003


66


Wakanohana Masaru


Tokyo


1998


2000


67


Musashimaru Kōyō


Hawaii, USA


1999


2003


68


Asashōryū Akinori


Mongolie


2003


2010


69


Hakuhō Shō


Mongolie


2007


actif

70

Harumafuji Kohei

Mongolie

2012

actif

71

Kakuryu Rikisaburi

Mongolie

2014

actif

72

Kisenosato Yutaka

Ibaraki, JAP

2017

actif

 
Musashimaru (2-5-71). Originaire d’Hawaï, il devient en mai 1999 le deuxième yokozuna non-japonais (après Akebono). Vainqueur du tournoi de Tokyo cette année-là en battant en finale Akebono.
 
D’autres grands “yokozuna” du passé :
Akashi (1600-1649) JAP. Premier yokozuna de l’histoire du sumo.
Akebono (8-5-1969/avril 2024) HAW. Colosse de 2m03. D'origine Hawaïenne, il était le premier non-Japonais à atteindre le rang suprême de yokozuna (64eme), en 1993. Ses combats contre les japonais Takanohana et Wakanohana ont fait des gros titres dans la presse sportive dans les années 1990/2000. Il a remporté onze tournois, et a été choisi pour effectuer une démonstration de sumo à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver de Nagano au Japon en 1998. Il est décédé début avril des suites d’une insuffisance cardiaque à 54 ans. Son nom était Chadwick Haheo Rowan.
Koki Naya (alias “grand oiseau”) (29-5-40). Il remporta la prestigieuse coupe de l’Empereur à 32 reprises dans les années 60/70. Il se retira de la compétition en 1971.
Mitsugu Akimoto (1-6-55) JAP. Il est détenteur du plus grand nombre de victoires. Il en remporta 1 045 de 1980 à 1989 dont 8 fois de suite, de 1981 à 1988, le Kyushu Basho. Il détient également un record de 807 victoires en 1re division (ou “makunouchi”).
Onishiki Uichiro (1891-1941) JAP. 26e Yokozuna, qui remporta 77 de ses 86 combats. Sa carrière dura 13 ans.
Onokuni Yasushi (9-10-62) JAP. 62e Yokozuna de l’histoire, il remporta 155 combats.
Terukuni Manzo (1919-1977) JAP. 38e Yokozuna, sacré en 1942. Il remporta 187 de ses 257 combats.

 

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